Ex-adhérents

Michel Oertli


« Tout vieux, déjà, on me disait « tu devrais faire du théâtre ». Il est vrai, qu’à l’hospice, j’étais le bout-en-train, le facétieux de service, le roi des goûters dansants. Mais… j’ai laissé filer le temps. Ma peau s’est tendue, mes cheveux se sont obscurcis, et mes dents ont poussé, allongeant tristement la perspective… des planches. Déjà embryon, plongé dans une totale inconscience, je me résignais au bain amniotique lorsque j’ai rencontré les Divines, Caroline et Magali. Alors, le miracle du théâtre se produisit et la lumière jaillit. Oubliée la jeunesse et son cortège d’angoisses, j’allais pouvoir changer de peau et inverser le temps autant que je le voudrais. Merci mes Divines, l’illusion est le secret du bonheur et vous me le confirmez. »

David Lenoir

« Je vais te faire insonoriser
Car tu dis trop de banalités
Je veux t’idéaliser
Je vais te faire insonoriser

Je vais te faire désignifuger
Pour que mon amour puisse te brûler
Je veux t’idéaliser
Je vais te faire désignifuger

Je vais te faire démithridatiser
Pour que mon fiel ne puisse t’épargner
Je veux t’idéaliser
Je vais te faire démithridatiser

Je vais te faire araignée-iser
Pour que tu me prennes dans tes filets
Je veux t’idéaliser
Je vais te faire araignée-iser

Je vais te faire dûrupturiser
Pour que tu ne me quittes jamais
Je veux t’idûaliser
Je vais te faire dûrupturiser

Je vais te faire peintre en bétiment
Pour qu’un beau jour tu me couvres de blanc
Toi mon idéal vivant
Je vais te faire peintre en bâtiment »

Jacques B.

« Quand on m’a dit « théâtre », un rêve d’enfant longtemps oublié a resurgi dans ma mémoire : Bruce Lee, enfin tu étais là, si proche.
Après avoir tout essayé pour suivre ta voie (boxe, Aïkido, Kendo), la rencontre fortuite avec Caroline et Magali m’ouvrit les yeux : il me manquait la caméra (et accessoirement du talent, mais bon ce soir je suis de mauvais poil alors on va laisser cela de côté).
On ne vit qu’une fois, et je m’y jetais à coeur perdu.

Le théâtre après tant de persévérance, comment dire, est devenu pour moi un peu l’effet yoga.
Avant de m’essayer à l’Art, je craignais de n’être plus tout à fait dans les normes ; ça me mettait en rogne, c’est bien normal.
Nous avons tous, les mêmes tendances.
Pourtant, depuis que je me suis inscrit aux cours de Magali et Caro, les choses ont changé : comme mu par une conscience nouvelle de notre humanité – je nous ai vu pleurer alors que personne n’était mort, rire quand il n’y avait vraiment pas de quoi, se travestir au point d’en finir par y prendre goût – maintenant compagnons de planche, je relativise en regardant le monde.
Et in terra pax, notre Graal n’est peut-être plus si loin. »

Marie Corson

« Déjà toute petite, je disais : « j’aurais voulu être une artiste, pour pouvoir faire mon numéro ».
A l’âge de 15 ans, pour la première fois je monte sur les planches, en interprétant : « La Leçon » de Ionesco.
La grande première arrive, le trac monte derrière le rideau.
Je rentre sur scène avec ce petit gargouilli dans le ventre, 100 personnes devant moi, je joue et passe un très bon moment.
Inoubliable, j’en veux encore.
Je continue cette passion qui me transporte dans une écoute de moi, des autres.
J’apprends à sortir cette timidité qu’il y a en moi.
Pendant 6 ans je continue, j’ai la chance de rencontrer des gens tel que Alain Meneust, acteur professionnel qui m’a transmis sa passion.
Ensuite je décide de venir habiter a Barcelone, ou j’essaie le théâtre en catalan, mais je ressens un manque, ce n’est pas pareil. Je préfère faire du théâtre en français parce que les mots, les phrases ont plus de sens, de sentiments, de profondeur.
Un jour, j’ai la chance de rencontrer Magali et Caroline qui veulent monter un groupe.
J’en suis ravie.
Après 4 ans d’absence, je remonte sur les planches avec extraits de « Chroniques », où j’ai l’honneur de chanter un extrait de la grande Edith Piaf.
Chaque mercredi, nous partageons des moments inoubliables.
Merci a toute l’équipe de Betty Burn, surtout un grand merci à Caroline et Magali sans qui ce groupe n’existerait pas. »

Karen Pequin

« Je fais du théâtre et des théâtres. Du théâtre avec le Betty Burn théâtre et des théâtres un peu tous les jours au boulot (on les pense, on les dessine, on les construit…).
Le théâtre, c’est mon truc depuis longtemps.
En français, en catalan, en espagnol, sur scène, dans la salle, dans les coulisses, devant mon ordinateur…
Pas d’importance! Il faut que j’ai ma dose.
Je connais des théâtres sous toutes les coutures, je me suis baladée dans tous les coins : du dessous de scène au gril, des coulisses à la régie…
Je ne m’en lasse jamais.

Le Betty Burn théâtre, je l’ai découvert un jour où je jouais les pique-assiettes.
(J’entends certains dire « bravo, c’est pas bien joli ça! » mais c’est une autre histoire!) Deux filles pleines d’entrain sont venues me proposer de me joindre à leur cours.
J’ai accepté et me voilà entrainée dans cette belle aventure.
Maintenant, j’y suis et j’y reste!
Merci Caroline! Merci Magali! »

Sadry Abidi

« Passionné de théâtre, je le fus dès mes premiers mots en 1979, et jusqu’à l’age raisonnable de 12 ans.
Pendant cette période intense, j’intègre le cours Florent à Paris et rencontre quelques personnes importantes qui marqueront mon enfance.
A cette époque, Sartre, Molière, Voltaire et Racine sont mes maîtres et leurs livres, mes ours en peluche.
A partir de 13 ans, début de l’adolescence, période troublée et agitée, cette passion du théâtre s’évanouit soudainement et rapidement, comme elle etait née, pour laisser la place à une nouvelle passion qui me foudroie un jour d’hiver 92 sur les quais de Saone è Lyon, et qui reste ma muse aujourd’hui encore : la moustache.
Moustachu dès 13 ans, c’est en effet à cette époque que je décide de créer mon association « une moustache pour tous » dont je suis encore aujourd’hui le président.
A ce titre et pendant de longues et douleureuses années, j’ai été souvent amené à donner plusieurs conférences dans le monde entier.
J’emploie ici le mot « douloureuses années » car malheureusement pour moi, parler en public a toujours été un supplice, pour ne pas dire une torture.
Jusqu’à ce fameux mardi 13 novembre 2004 ou par un heureux hasard, je rencontre Caroline et Magali, membres fondateurs du théâtre Betty Burn, qui me convainquent de remonter sur les planches.
C’est sur ces mêmes planches où, des années plus tôt, mourrait ma passion pour le théâtre, que je suis de nouveau terrassé une nouvelle fois par ma passion d’enfance qui renait de ces cendres, un peu comme un amour oublié que j’aurais retrouvé.
Je me rend alors compte que deux passions peuvent co-exister en une seule personne et que le théâtre ne peut apporter qu’un souffle nouveau à ma passion pour les moustaches.
Tout s’enchaîne alors très vite et c’est un peu comme si je redevenais étudiant.
Grâce aux cours dispensés au Betty Burn, je découvre que les silences valent toutes les phrases du monde, que le corps parle tout autant que les mots et qu’un regard peut corrompre une personne.
Je réalise que l’imagination est un outil qui se travaille et qu’il ne suffit pas de croire pour imaginer, et encore moins d’imaginer pour croire (vous me suivez?).
Aujourd’hui, je n’ai plus de difficultés pour parler en public, je suis à l’aise avec mon corps, je suis entouré d’amis merveilleux, pour la plupart rencontrés aux cours de théâtre, et j’ai pleins de projets.
Dès l’été 2007, j’ai décidé d’organiser, en partenariat avec le théâtre Betty Burn, « moustache pour tous », festival annuel qui réunira les acteurs moustachus du monde entier.
A bon entendeur, saluche… »

Olivier Germain

« Pierre Beziers – Comment jouer un nain, si on n’en est pas un soi-même?
Monsieur Pit – Il faut avoir un grand imperméable et s’entraîner à marcher accroupi avec aisance.
Pierre Beziers – Et un géant?
Monsieur Pit – Traditionellement, on monte sur les épaules de quelqu’un, avec un costume de géant, et on prend une petite voix…
On peut aussi jouer un géant en ne faisant pas grand-chose, si les autres font les nains. »

Tiré de Comment faire du théâtre avec succès, Editions Sulliver, 1995.

Florence Hoechstetter

« Le théâtre…
Ah, le théâtre!
Mourir sur scène comme Jean-Baptiste…
Etre ou ne pas être comme William…
Où sont mes maîtres et amants littéraires pour qui j’aimerais déclamer ces quelques vers?

Tout d’abord en hommage à Pierre, je dirais : « Ô rage, ô désespoir… j’ai filé mes collants ».
Ensuite pour toi Guillaume : « Mon verre s’est brisé… tant mieux je boirai moins ».
Pour Alphonse : « Ô temps suspends ton vol et… prends le train, c’est plus sûr ».
Pour Charles : « Sois sage, ô ma douleur… le synthol arrive ».
Encore pour Charles mon bien aimé : « Le soleil s’est noyé… vite appelez les pompiers ».
Enfin pour Joachim : « Heureux qui comme Ulysse… mangeait de la saucisse ».
Ces quelques envolées lyriques ne transportent-elles pas au coeur même des valeurs intrinsèques que propose le théâtre?

Pour finir, il me vient une citation que m’a confiée un jour Eugène (non pas Perma, Ionesco, voyons!) :
« Il faut aller au théâtre comme on va à un match de football, de boxe, de tennis.
Le match nous donne en effet l’idée la plus exacte de ce qu’est le théâtre à l’état pur :
antagonismes en présence, oppositions dynamiques, heurts sans raison de volontés contraires »…

Méditez, chers amis, méditez…

Betty Burn m’a révélée, prenez garde!
Une étoile est née. »

Thomas Aussenac

« Quand j’ai connu Betty
J’étais encore petit,
Je n’allais pas très bien,
Je pleurais pour un rien.

Alors Betty m’a ordonné
De me rouler par terre,
De m’écrier, de la toucher,
Tout ce que j’aimais pas faire.

J’ai failli la quitter
Cette sale Betty et son théâtre
Mais je suis finalement resté
Car je suis opiniâtre.

A force de s’entrainer,
Betty a dit qu’on était prêts
Pour faire un petit show
Quand il ferait très chaud.

Chaud ça il a fait!
Et beau ça a été :
Tickets sold-out et standing ovation,
Cris de jeunes filles et félicitations.

Maintenant, Betty voit grand,
Elle dessine plein de nouveaux plans.
Et moi, grâce à Betty,

Je suis beaucoup moins petit.
J’ai grandi,
Merci Betty. »

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